PLF pour 2026, emploi des travailleurs handicapés, transaction et arrêt de travail, congé de paternité… 3 minutes de social

Écrit par Publié le 30/01/2026 Mis à jour le 04/02/2026

Après plusieurs mois de débats parlementaires et institutionnels, l’actualité sociale et juridique connaît une semaine particulièrement dense. Adoption imminente du projet de loi de finances, critiques sévères de la Cour des comptes sur l’emploi des personnes handicapées, précision jurisprudentielle majeure sur les effets d’une transaction en droit du travail, et évolution des pratiques autour du congé de paternité : tour d’horizon des informations essentielles à retenir.


En résumé
  • Le projet de loi de finances est sur le point d’être définitivement adopté via l’article 49.3.
  • Le budget prévoit une hausse d’environ 50 euros par mois de la prime d’activité.
  • Les exonérations sur les frais de transport et les pourboires sont prolongées.
  • L’aide de 500 euros au permis de conduire pour les apprentis est supprimée.
  • Le CPF est recentré, avec une éligibilité restreinte du permis de conduire.
  • La Cour des comptes dresse un constat sévère sur l’emploi des travailleurs handicapés.
  • Seules 35 % des entreprises respectent l’obligation d’emploi de 6 %.
  • La Cour de cassation rappelle qu’une transaction ne peut priver le salarié de droits d’ordre public.
  • Il est impossible de renoncer par avance aux indemnités liées à un licenciement injustifié ou à une inaptitude professionnelle.
  • 81 % des pères utilisent désormais leur congé de paternité au-delà de la période obligatoire.

Le projet de loi de finances dans sa dernière ligne droite

Après plus de quatre mois d’examen, le projet de loi de finances (PLF) arrive à son terme. Le 30 janvier, le Premier ministre engage une ultime fois la responsabilité de son gouvernement sur le fondement de l’article 49, alinéa 3, de la Constitution.

Un rejet attendu des motions de censure

Des motions de censure devraient être déposées par La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN). Selon toute probabilité, elles seront rejetées le 3 février. À l’issue de ce vote, le budget sera considéré comme définitivement adopté par le Parlement.

Les principales mesures sociales du texte

Le texte adopté prévoit notamment :

  • une hausse de la prime d’activité d’environ 50 euros par mois ;
  • la prolongation jusqu’en 2026 de l’exonération sociale et fiscale sur la prise en charge facultative des frais de transport ;
  • la prolongation de l’exonération sur les pourboires jusqu’à la fin de l’année 2028.

Un durcissement notable en matière de formation

En revanche, le budget opère un recentrage de plusieurs dispositifs de formation :

  • la suppression de l’aide de 500 euros au permis de conduire pour les apprentis ;
  • une limitation du champ des formations éligibles au compte personnel de formation (CPF) et de leurs modalités de prise en charge.

Ainsi, l’éligibilité du permis de conduire pour les véhicules légers via le CPF serait désormais réservée aux seuls demandeurs d’emploi ou aux bénéficiaires d’un cofinancement par un tiers.

Après une probable saisine du Conseil constitutionnel, le texte définitif devrait être rapidement publié au Journal officiel.

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Emploi des personnes handicapées : le constat sévère de la Cour des comptes

Dans un rapport publié le 26 janvier, la Cour des comptes dresse un bilan particulièrement critique de la politique de l’emploi des personnes handicapées menée depuis près de vingt ans.

Des résultats jugés insuffisants malgré un cadre renforcé

Malgré le renforcement du cadre législatif depuis la loi du 11 février 2005, les magistrats de la rue Cambon estiment que les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux. En 2024, seulement 35 % des entreprises assujetties respectent l’obligation d’emploi direct de travailleurs handicapés, fixée à 6 % de l’effectif.

Conséquence directe : le taux de chômage des travailleurs handicapés demeure près de deux fois supérieur à celui de la population générale.

Un enjeu démographique majeur

Le nombre de personnes disposant d’une reconnaissance administrative de la qualité de travailleur handicapé atteint désormais 3,3 millions, soit 8,1 % de la population en âge de travailler, ce qui renforce l’urgence d’une politique plus efficace.

Une gouvernance jugée trop éclatée

La Cour des comptes pointe une multiplicité d’acteurs (France Travail, Cap emploi, missions locales, Agefiph pour le secteur privé, organismes équivalents pour la fonction publique), ainsi qu’une superposition de dispositifs disparates. Elle souligne également que l’accompagnement est majoritairement orienté vers les grandes entreprises, au détriment des PME.

Les recommandations de la Cour

Les magistrats appellent notamment à :

  • une meilleure articulation des dispositifs existants ;
  • un renforcement du rôle des référents handicap en entreprise ;
  • une coordination accrue entre les politiques du handicap et celles relatives à la santé au travail.

Transaction et licenciement : une décision clé de la Cour de cassation

Par un arrêt du 21 janvier, la Cour de cassation apporte une précision importante sur les effets d’une transaction conclue pendant un arrêt de travail.

Les faits de l’affaire

Une salariée, victime d’un accident du travail, saisit la juridiction prud’homale afin d’engager la responsabilité de son employeur. Elle conclut finalement une transaction par laquelle elle renonce irrévocablement à toute réclamation, née ou à naître, en lien avec la relation de travail jusqu’à la date de la transaction.

Après son désistement d’instance, elle reste en arrêt de travail, ne reprend pas son poste, puis est déclarée inapte et licenciée quelques mois plus tard. Elle saisit alors à nouveau le conseil de prud’hommes, contestant son licenciement et cherchant à faire reconnaître le caractère professionnel de son accident.

La position des juges du fond

Les juges du fond rejettent sa demande, estimant que seules les fautes de l’employeur postérieures à la transaction pouvaient être invoquées. La salariée n’ayant pas repris son travail, aucune nouvelle faute n’était caractérisée.

La cassation : une protection d’ordre public

La Cour de cassation censure cette décision. Elle rappelle qu’il n’est pas possible de renoncer par avance :

  • au bénéfice de l’article L. 1235-3 du Code du travail, relatif à l’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
  • ni à celui de l’article L. 1226-14, prévoyant l’indemnité spéciale en cas de licenciement consécutif à une inaptitude d’origine professionnelle.

Ces dispositions étant d’ordre public, une transaction ne peut priver le salarié de ces droits.

Congé de paternité : une appropriation massive par les pères

Enfin, une étude de l’INED publiée le 28 janvier met en lumière l’évolution des pratiques en matière de congé de paternité.

Des chiffres révélateurs

Entre 2021 et 2023, 81 % des pères ont pris tout ou partie de leur congé de paternité au-delà de la semaine obligatoire.

Rappel du cadre légal

Depuis le 1er juillet 2021, la durée du congé de paternité est portée à 25 jours, contre 11 auparavant, dont 4 jours obligatoires à prendre immédiatement après le congé de naissance de trois jours.

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 Ce contenu n'a pas été rédigé par la rédaction Lamy Liaisons. Il doit être interprété avec discernement et ne saurait servir de fondement à une décision juridique sans validation préalable par un professionnel qualifié.
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