Atteinte aux biens : que dit le code pénal ?

Écrit par Publié le 15/09/2025 Mis à jour le 17/09/2025

L’atteinte aux biens désigne l’ensemble des infractions pénales commises sur les propriétés d’autrui. Vol, dégradation, escroquerie, blanchiment d'argent… ces délits sont rigoureusement réprimés par le Livre III du Code pénal, des  articles peine 311‑1 CP. à 324-9.
La question se pose alors quant à la position de la justice vis-à-vis de ces actes. Est-ce qu’elle sanctionne ces infractions sans sacrifier les droits de la personne mise en cause ? Un droit pénal spécial existe-t-il ?

En résumé
  • L’atteinte aux biens englobe de nombreuses infractions comme le vol, le recel, l’abus de confiance, l’escroquerie pénale, les fraudes.
  • Les sanctions varient de simples amendes à un emprisonnement allant jusqu’à 7 ans, selon la gravité de la situation.
  • La procédure nécessite des preuves solides comme les constats, les témoins et les vidéos.
  • La défense repose sur la contestation des faits, la prescription, l’intention ou encore la légitime défense des biens.
  • L’accompagnement d’un avocat spécialisé est décisif pour constater l’infraction et engager une défense pertinente.
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Définition et catégories d’atteintes aux biens

Le Code pénal, dans son livre III, distingue deux grandes catégories d’infractions en matière d'atteintes aux biens.

Les appropriations frauduleuses

Vol, escroquerie, abus de confiance sont les actes les plus courants dans la société actuelle. Et chacune d’entre elles a des définitions légales bien déterminées.

Infraction Définition légale Article du Code pénal
Vol simple / vol aggravé Soustraction d’un bien sans consentement Article/peine 311-1 CP.
Abus de confiance Détournement d’un bien remis volontairement Article 314-1
Escroquerie pénale Saisie d’un bien par tromperie ou manœuvre frauduleuse Article 313-1

Destructions, dégradations, détériorations

D’autres infractions relèvent également des atteintes aux biens et sont régies par le Code pénal :

  • Recel (articles 321-1 et suivants) : détention ou transmission d’un bien issu d’un crime, dissimulation d’un bien volé. Cette infraction est passible de 5 ans d’emprisonnement et d’une amende de 375 000 €.
  • Destruction, dégradation de bien ou détérioration volontaire (article 322-1) : tout acte visant à endommager un bien d’une personne peut entraîner jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende.
  • Atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données : intrusion informatique, perturbation du fonctionnement d’un système ou suppression frauduleuse de données.

Bon à savoir

La distinction entre délit et contravention repose sur leur gravité et leur régime juridique.
Par exemple, les délits (articles 121-7 et suivants du Code pénal) sont des infractions punissables d’une peine de prison. Quant aux contraventions (classes I à V), elles sont seulement passibles d’amendes. Ainsi, l'auteur n'est pas privé de sa liberté.

Sanctions et circonstances aggravantes

Les peines et les sanctions dépendent des circonstances et surtout de l'exécution de l’infraction.

Ce tableau vous aidera à y voir plus clair :

Infraction Peine ou sanction de base Circonstances aggravantes Peine ou sanction aggravée
Vol 3 ans/45 000 € Violence, extorsion effraction, usage d’arme 10 ans/150 000 €
Escroquerie 5 ans/375 000 € En bande organisée 7 ans/750 000 €
Abus de confiance 5 ans/375 000 € Envers une personne vulnérable 7 ans/750 000 €
Dégradation bien/détérioration 2 ans/30 000 € Danger pour autrui (ex. : incendie) 5 ans/75 000 €

À titre d'info

Le vol aggravé ou le vol simple commis par un travailleur au détriment de son employeur relève d’un cas particulier. On le qualifie de vol d’un salarié au travail et il est considéré, le plus souvent, comme une faute grave dans le cadre du droit du travail.

Conditions de qualification et exemples jurisprudentiels

Pour qualifier une atteinte aux biens par définition, au moins 4 éléments doivent, à priori, être réunis :

  • Élément matériel : acte concret comme une soustraction (vol), une destruction (dégradation ou incendie volontaire) ou une manœuvre frauduleuse.
  • Élément intentionnel : la personne avoue avoir agi délibérément, avec l’intention de nuire au propriétaire ou de s’approprier illégalement le bien.
  • Lien de causalité : pour démontrer que l’acte commis est directement lié au dommage subi par la victime.
  • Absence de droit sur le bien en cause : l’auteur de l’infraction ou la personne en lien direct avec la violence ne dispose d’aucun droit légal et encore moins de titre de propriété ou d’usage légitime sur le bien au moment des faits.

Cas pratique

Le vol d’énergie, tel qu’un raccordement électrique illégal, est sanctionné au même titre qu’un vol ordinaire. La jurisprudence l’assimile pleinement à une soustraction frauduleuse de bien (Cass. Crim., 1912).
Un graffiti réalisé par une personne (mineur ou majeur) sur un mur public constitue une infraction prévue à l’article 322-2 du Code pénal. Cette affaire est qualifiée de contravention et est passible d’une amende de 3 750 €, suivie de peines complémentaires comme l’obligation de remise en état.

Voie de fait, atteinte grave et défenses possibles

La voie de fait correspond à tout acte de violence qui ne porte pas directement atteinte à l’intégrité d’une personne, mais qui compromet le droit de propriété.

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Défenses possibles et voies de procédure

Mais face à la rigueur de la loi, des moyens de défense existent, à commencer par la légitime défense des biens, encadrée par l'article 122-5 du CP.

Légitime défense des biens

L’article 122-5 du Code pénal stipule que la légitime défense des biens peut être invoquée dans le cas où :

  • L’affaire en question est qualifiée de crime ou délit, non pas d’une simple contravention.
  • L’acte de défense est considéré comme seule voie de recours à la protection de biens.
  • La riposte répond à la gravité de l’infraction initiale.

Prescriptions et alternatives

En cas de délits, notamment d'atteinte aux biens d'une personne, le délai de prescription de l’action publique est de 6 ans.

Pour le cas de vols de mobiliers inférieurs à 300 €, on peut s’attendre à une amende forfaitaire ou à un dédommagement par voie transactionnelle, selon le contexte.

Rôle de l’avocat spécialisé

L’avocat spécialisé joue un rôle crucial dans tout cela. Entre autres, il :

  • intervient dès la garde à vue pour garantir le respect des droits.
  • aide dans la mise en œuvre de l’action civile visant à obtenir une indemnisation
  • traite les dossiers liés à la discrimination au travail et à l’atteinte au bien de l’entreprise.

Conseils pratiques pour les juristes et RH

Pour bien traiter une affaire d’atteinte aux biens, voici nos instructions pour les juristes et les responsables RH :

  • Rassembler et conserver les éléments et preuves pertinents : vidéos, témoignages, constats d’huissier, rapports d’expertises.
  • Identifier avec précision la nature de l’infraction : contravention, délit, et vérifier l’existence éventuelle de circonstances aggravantes.
  • Vérifier la présence de circonstances aggravantes : violence, préjudice grave, trafic illicite, action en bande organisée.
  • Analyser les options de défense : légitime défense, erreur sur la qualification juridique, preuve démontrant l’absence d’intention frauduleuse.

FAQ sur les atteintes au biens

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez.

L’atteinte aux biens désigne toute action illégale portant sur la propriété d’une personne. Cela peut être un vol, une affaire frauduleuse, une exploitation d'un humain, une escroquerie, affaire de blanchiment d'argent, vente illégale du bien d'une personne.
Le vol, selon l’article 311-1 CP, suppose l’enlèvement d’un bien matériel sans consentement. L’escroquerie pénale sous-entend une tromperie incitant la victime à remettre le bien. L’abus de confiance ressemble à un détournement d’un bien ou blanchiment d'argent.
Une amende de 3 750 € pour une contravention et jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, suivant les cas.
Oui, à condition de prouver l’imminence du danger et une réaction proportionnée.
S’appuyer sur les témoignages, les constats d’huissier, les vidéos, les rapports d’expertises, les plaintes antérieures, etc.
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