Bail agricole : conditions de validité, durée et renouvellement

Écrit par Publié le 20/10/2025 Mis à jour le 19/11/2025

Le bail agricole encadre la relation entre le propriétaire foncier (bailleur) et l’exploitant (preneur), garantissant la stabilité de l’activité agricole tout en protégeant les intérêts des deux parties. Comprendre les conditions de validité, la durée et les modalités de renouvellement du bail rural est indispensable pour sécuriser l’exploitation et anticiper les évolutions réglementaires. 

En résumé
  • Le bail agricole encadre la relation entre bailleur et preneur.
  • Il doit préciser les parties, l’objet du bail, la durée et le prix du fermage.
  • La durée varie : 9 ans minimum, 18 ou 25 ans pour un bail long terme.
  • Certains baux offrent des avantages fiscaux (exonérations, réductions).
  • Le renouvellement est automatique sauf exceptions prévues par la loi.
  • Le bail de carrière prend fin à la retraite du preneur, sans droit au renouvellement.
  • Le bail cessible peut être transmis à un successeur avec accord écrit.
  • Le congé doit être notifié 18 mois avant l’échéance.
  • De nouveaux baux adaptent le cadre aux enjeux énergétiques.

Les conditions de validité 

Pour qu’un bail agricole soit valide, il doit respecter plusieurs conditions fondamentales, tant sur le fond que sur la forme :

  • Identification des parties : mention du bailleur et du preneur, avec leurs coordonnées.
  • Définition de l’objet du bail : nature et localisation des parcelles louées, contenance, désignation cadastrale et usage agricole.
  • Durée du bail : explicitement indiquée, conformément aux dispositions légales.
  • Prix du fermage : montant du loyer, modalités de paiement et éventuelles majorations.
  • Conditions d’exploitation : obligations du preneur en matière d’exploitation agricole, d’entretien des terres et de respect des normes environnementales. 

La rédaction écrite, avec clauses logiques, numérotées et un vocabulaire juridique précis, est fortement recommandée pour la sécurité juridique. Certaines mentions sont obligatoires, notamment en cas de prêt supérieur à 21 500 euros. Des clauses spécifiques sur la cession, le renouvellement ou la résiliation sont requises selon le type de bail.

La durée du bail agricole

La durée du bail rural est encadrée par le Code rural et de la pêche maritime :

  • Bail rural classique : durée minimale de neuf ans, renouvelable tacitement.
  • Bail à long terme : durée de dix-huit ans, vingt-cinq ans ou plus.
  • Bail de carrière : consenti pour la durée de la carrière professionnelle du preneur, prenant fin automatiquement à l’âge légal de la retraite, sans droit au renouvellement.
  • Bail cessible hors du cadre familial : durée minimale de dix-huit ans, cession possible à tout successeur du preneur, sous réserve de l’accord des parties et de la forme authentique du contrat. 

Le prix du fermage varie selon la durée du bail :

  • Baux à long terme : fermage majoré selon les arrêtés préfectoraux.
  • Bail de carrière : majoration du fermage jusqu’à 1 % par année de bail.
  • Bail cessible : majoration pouvant aller jusqu’à 50 % des maxima prévus par l’article L. 411-11 du Code rural. 

Certains baux à long terme ouvrent droit à des avantages fiscaux, tels que l’exonération de taxe foncière, une exonération partielle des droits de mutation jusqu’à 600 000 euros par transmission, et l’exonération de l’IFI pour les biens loués sous ce régime.

Le renouvellement du bail agricole

Le renouvellement du bail rural obéit à des règles strictes :

  • Le bail rural classique est renouvelé tacitement pour neuf ans, sauf congé notifié par acte extrajudiciaire au moins dix-huit mois avant l’expiration.
  • Le bail de carrière exclut le droit au renouvellement, prenant fin automatiquement à l’âge de la retraite du preneur, sans obligation de congé.
  • Le bail cessible est renouvelable pour neuf ans à défaut de congé et peut être transmis à un successeur choisi.

Le bailleur peut refuser le renouvellement pour des motifs légaux, tels que la reprise pour exploitation personnelle ou des fautes du preneur, notamment si leurs effets persistent sous le nouveau bail. 

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Les alternatives et évolutions du bail agricole

La législation évolue pour intégrer de nouvelles formes de baux adaptés aux enjeux contemporains :

  • Bail rural à clauses agrivoltaïques : proposition de loi visant à permettre l’intégration de clauses spécifiques pour concilier production agricole et production d’électricité solaire, avec dérogations au statut du fermage.
  • Relation tripartite possible entre le bailleur, le preneur et l’exploitant de la centrale photovoltaïque, avec un cahier des charges annexé au bail. 

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Comparaison des différents types de baux

Les exploitants agricoles disposent de plusieurs options pour sécuriser leur activité.

Type de bail Caractéristiques principales
Bail rural classique Stabilité et renouvellement automatique, durée limitée à neuf ans.
Bail à long terme Durée étendue, avantages fiscaux, souplesse dans la rédaction des clauses de cession et de renouvellement.
Bail de carrière Durée liée à la vie professionnelle du preneur, exclusion du droit au renouvellement, majoration du fermage.
Bail cessible hors du cadre familial Cession possible à tout successeur, durée minimale de dix-huit ans, majoration du fermage, avantages fiscaux.
Bail à clauses agrivoltaïques Adaptation aux enjeux énergétiques et environnementaux, dérogations spécifiques au statut du fermage.

Conseils pratiques pour la rédaction et la gestion du bail agricole

Pour garantir la validité et l’efficacité du bail agricole, il est recommandé d’établir un plan clair, en regroupant les clauses dans différentes rubriques et sous-rubriques, chacune portant un intitulé adéquat et incluant des articles numérotés. Il est également conseillé de définir les termes clés afin d’éviter toute ambiguïté ou contradiction dans le contrat. Le contenu du bail doit être adapté aux besoins des parties, en tenant compte de la nature de l’exploitation, des objectifs de transmission et des évolutions réglementaires. 

Anticiper les évolutions législatives

La législation sur les baux agricoles évolue régulièrement. Il est donc recommandé de suivre les modifications du Code rural afin de rester informé des évolutions législatives et réglementaires. Il est également pertinent d'intégrer dans les contrats des clauses d’adaptation permettant de prévoir des mécanismes de révision ou de renégociation en cas de changement de la réglementation ou des conditions d’exploitation. Enfin, il est judicieux de consulter un professionnel pour la rédaction, la gestion et le renouvellement du bail, afin de sécuriser juridiquement la relation contractuelle et d’anticiper les éventuelles difficultés liées à l’évolution du cadre légal. 

Le bail agricole est un outil juridique fondamental pour la gestion des terres et la pérennité de l’exploitation. Sa validité, sa durée et ses modalités de renouvellement doivent être soigneusement encadrées pour garantir la sécurité des parties et anticiper les évolutions du secteur. Une rédaction rigoureuse et une veille réglementaire sont indispensables pour optimiser la gestion du bail rural et éviter les litiges.

FAQ sur le bail agricole

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez.

Le bail agricole doit être enregistré auprès de l'administration fiscale. Plus précisément, il s'agit de l'enregistrement auprès du service des impôts compétent, ce qui permet notamment de bénéficier de certains régimes fiscaux ou d'options, comme l'assujettissement à la TVA sur option. L'enregistrement est une condition requise pour que le bail soit opposable et pour l'exercice de certaines options fiscales.
Peuvent en bénéficier les personnes physiques ou morales qui souhaitent exploiter une parcelle agricole pour y exercer une activité agricole au sens de l'article L. 311-1 du Code rural et de la pêche maritime. Cela inclut les exploitants individuels, les sociétés civiles d'exploitation agricole (SCEA), les groupements agricoles, ou encore les jeunes agriculteurs bénéficiaires d'aides à l'installation.
La signature d'un bail agricole requiert la capacité juridique du propriétaire et du preneur. En indivision, tous les indivisaires doivent signer (article 815-3 du Code civil). Si des époux exploitent ensemble, le consentement du conjoint est nécessaire pour certains actes (article L. 411-68 du Code rural). L'usufruitier doit obtenir l'accord du nu-propriétaire (article 595 du Code civil).
Pour des terres agricoles, il convient de conclure un bail rural, généralement soumis au statut du fermage, qui encadre la mise à disposition à titre onéreux d'un immeuble à usage agricole en vue de l'exploiter pour une activité agricole.
Pour faire un bail pour un terrain agricole, il faut rédiger un contrat écrit précisant la nature agricole du bien, la durée, le montant du fermage, et respecter les règles du Code rural. Le bail doit être signé par les deux parties et peut être enregistré auprès des services fiscaux.
Pour récupérer un terrain agricole sans bail, il n'existe pas de formalité spécifique : le propriétaire peut demander la restitution du terrain à l'occupant, car aucune protection particulière ne s'applique en l'absence de bail rural. Il est toutefois conseillé de notifier cette demande par écrit et, en cas de refus de l'occupant, de saisir le tribunal compétent pour obtenir l'expulsion.
Pour récupérer un terrain agricole loué, le propriétaire doit attendre l'expiration du bail rural, sauf exceptions (faute du preneur, reprise pour exploitation personnelle). La reprise doit être notifiée au preneur par acte extrajudiciaire ou lettre recommandée, avec un préavis légal de 18 mois. Les litiges relèvent du tribunal paritaire des baux ruraux.
La résiliation d'un bail agricole peut être demandée par le bailleur ou le preneur devant le tribunal paritaire des baux ruraux, en cas de manquement grave aux obligations contractuelles ou légales.
Les principales causes de résiliation sont : deux défauts de paiement du fermage après mise en demeure, agissements compromettant la bonne exploitation du fonds, non-respect des clauses environnementales, cession ou sous-location prohibée, ou apport illicite du bail à une société.
 Ce contenu n'a pas été rédigé par la rédaction Lamy Liaisons. Il doit être interprété avec discernement et ne saurait servir de fondement à une décision juridique sans validation préalable par un professionnel qualifié.
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