Bail à ferme : définition juridique et droits

Écrit par Publié le 20/01/2026 Mis à jour le 20/01/2026

Le bail à ferme est une convention par laquelle un propriétaire confie à un exploitant la jouissance d’un fonds agricole et de ses accessoires, contre une redevance en argent ou en nature. Ce mécanisme vise la stabilité de l’activité et la valorisation du patrimoine foncier. Ce statut encadre la durée minimale, la fixation du loyer, les conditions de transmission et de rupture, afin de sécuriser les relations entre les parties. Il s’inscrit dans le cadre plus large du bail agricole et du droit rural.

En résumé
  • Le bail à ferme encadre la location de fonds agricoles.
  • Il garantit la stabilité et la sécurité juridique pour les parties.
  • Le fermier paie un fermage en numéraire ou en nature.
  • Durée légale minimale : 9 ans, renouvelable selon conditions.
  • Le contrat définit droits, obligations et modalités de résiliation.
  • Mention écrite conseillée pour éviter tout litige.
  • Fiscalité distincte pour bailleur et fermier agricole.
  • Le droit au renouvellement protège le fermier.
  • Les litiges sont soumis aux tribunaux paritaires ruraux.
  • Clauses environnementales et sociales à insérer selon besoin.

Bail à ferme : définition juridique et cadre légal

Qu’est-ce qu’un bail à ferme et quel est son cadre légal ?

Le bail à ferme est un accord par lequel le bailleur transfère au fermier la jouissance d’un fonds à vocation agricole, en contrepartie d’une redevance (fermage) versée en numéraire ou en produits.

Il est principalement régi par le Code rural et de la pêche maritime, qui précise les conditions de validité, le régime des droits et obligations des parties, ainsi que les règles de rupture et de prolongation.

Éléments caractéristiques du bail à ferme :

  • Transfert de jouissance : le fermier utilise le fonds et ses accessoires (parcelles, bâtiments à usage agricole, éventuellement matériel et cheptel).
  • Activité agricole : le fonds doit être affecté à une activité de production végétale ou animale, ou à une activité reconnue comme telle.
  • Redevance : somme ou part de récolte versée périodiquement au bailleur.
  • Période déterminée : durée encadrée par la loi et les usages locaux, avec un minimum impératif. 

Le régime s’applique dès lors que la destination principale du fonds est la culture ou l’élevage, y compris lorsque des bâtiments ou du matériel y sont annexés.

Différences avec le métayage et autres conventions

Le bail à ferme se distingue notamment :

  • du métayage : le métayer rémunère le propriétaire par un partage de la récolte ou du produit brut, la rémunération variant selon les résultats ;
  • d’autres conventions de mise en valeur (colonnat, conventions précaires) : partage des récoltes, participation plus étroite du propriétaire à la gestion ou occupation précaire ;
  • des contrats de courte durée : ils ne confèrent pas la même stabilité ni les mêmes garanties. 

Dans le bail à ferme, la redevance est en principe fixe, indépendamment des résultats, ce qui donne au fermier une plus grande autonomie et une meilleure visibilité économique.

Formation du bail à ferme : conditions de validité et mentions utiles

Conditions de fond pour conclure un bail à ferme

Le bail à ferme peut être conclu par toute personne ayant la capacité juridique de contracter. Le bailleur doit être titulaire de droits lui permettant de louer le fonds (propriétaire, usufruitier, etc.). Le preneur doit être en mesure d’exploiter le bien conformément à sa destination.

L’objet doit être un fonds à vocation agricole (parcelles, éventuellement bâtiments d’élevage, hangars, etc.). Des éléments accessoires (matériel, cheptel, installations diverses) peuvent être inclus, à condition d’être nécessaires à l’activité principale.

Rédiger un bail à ferme : formes, écrit et mentions obligatoires

La loi n’exige pas nécessairement un écrit : un accord verbal est en principe valable, mais fortement déconseillé. Un écrit permet de prouver l’existence et les conditions de la convention, notamment en cas de litige. 

Il est recommandé de prévoir :

  • l’identité des parties ;
  • la description du fonds (parcelles, superficie, références cadastrales, bâtiments inclus…) ;
  • la durée convenue ;
  • le montant, la périodicité et les modalités de règlement du fermage ;
  • la répartition des charges et réparations ;
  • les règles relatives aux améliorations et aux travaux ;
  • les conditions de cession, de mise à disposition à un tiers, ou de reprise.

Opposabilité et publicité du bail à ferme rural

Aucune publicité n’est en principe imposée. Toutefois, donner une date certaine à l’acte (enregistrement, acte notarié, etc.) permet de le rendre opposable aux tiers, notamment en cas de vente ou de saisie du bien.

Bail à ferme : droits et obligations du fermier et du bailleur

Prérogatives du fermier

Le fermier dispose librement du fonds, sous réserve du respect de sa destination, des clauses du bail et des usages locaux. Ses principaux droits sont :

  • Renouvellement du bail, sauf exceptions légales (reprise pour exploitation personnelle, faute grave) ;
  • Droit de préemption prioritaire en cas de vente, sous conditions ;
  • Protection contre la résiliation abusive, celle-ci n'étant possible que pour des motifs strictement encadrés par la loi (impayés, mauvaise gestion caractérisée, non-respect de la destination du bien, etc.).

Obligations et responsabilités du fermier locataire

Le fermier doit notamment :

  • payer le fermage selon le contrat, dans les limites fixées par les barèmes administratifs (indices, fourchettes préfectorales) ;
  • exploiter le fonds selon sa destination, respecter les normes de gestion, environnementales et sanitaires ;
  • et assurer l’entretien courant (réparations locatives, maintien en bon état d’usage, information du bailleur en cas de dégradations ou de travaux lourds nécessaires.)

Les manquements graves (impayés, dégradations, changement d’usage illicite, sous-location interdite) peuvent entraîner la résiliation du bail. 

Les droits du bailleur dans un contrat de bail à ferme

Le bailleur a droit à la perception du fermage, qui constitue la contrepartie de la mise à disposition du fonds.

Il peut reprendre le fonds à l’issue du bail, notamment pour l’exploiter lui-même ou pour le transmettre à un descendant, sous réserve du respect des conditions légales et du contrôle des structures.

Il peut contrôler la bonne exploitation du fonds et demander la cessation du bail en cas de manquements graves du fermier.

Garanties et obligations légales du bailleur agricole

Le bailleur doit garantir au fermier une jouissance paisible du fonds, sans trouble de sa part ou de la part de tiers.

Le bailleur est tenu d’effectuer les grosses réparations nécessaires à la conservation du fonds, sauf clause contraire.

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Durée, renouvellement et conditions de résiliation du bail à ferme

Quelle est la durée légale d’un bail à ferme ?

Elle est fixée par la loi ou les usages locaux. Elle est généralement de neuf ans, mais peut être plus longue selon les stipulations contractuelles ou les besoins des parties.

Le renouvellement du bail à ferme : conditions et droits du fermier

Le fermier bénéficie d’un droit au renouvellement du bail à l’issue de la période initiale, sauf exceptions prévues par la loi (reprise par le bailleur, manquements graves, etc.).

La prolongation du bail est soumise au respect des obligations contractuelles et légales par le fermier. Les améliorations apportées par le fermier ne sont pas prises en compte dans la fixation du tarif du bail renouvelé.

Comment renouveler un bail rural

Le renouvellement du bail à ferme est un droit du fermier, sauf exceptions légales comme la reprise par le bailleur ou des fautes graves du preneur. À la fin de la période initiale, le bail est automatiquement renouvelé, sauf congé notifié dans les formes et délais prévus. Le congé doit être motivé et respecter les conditions de fond, notamment en cas de changement de destination agricole, avec vérification par le juge de la conformité aux exigences du Code rural (zone urbaine ou autorisation préfectorale). La prolongation du bail efface les manquements antérieurs, sauf s'ils persistent.

Résiliation du bail à ferme : motifs et procédure légale

La résiliation peut intervenir pour les motifs suivants :

  • Non-paiement du fermage
  • Manquements graves à la gestion agricole
  • Reprise par le bailleur pour activité personnelle ou familiale
  • Violation des clauses contractuelles

Elle doit respecter les procédures prévues par la loi, notamment la notification préalable et le respect des délais.

Conséquences d’une rupture de bail

La rupture du bail à ferme peut résulter du défaut de paiement du fermage, d'agissements compromettant l'exploitation, du non-respect des clauses environnementales ou d'une cession/sous-location interdite. Une mise en demeure et un délai de préavis sont requis. Le fermier doit restituer le fonds en bon état. En cas de rupture abusive, le preneur peut saisir le tribunal paritaire. Les impayés antérieurs au renouvellement ne justifient la résiliation que si les manquements graves persistent sous le nouveau bail.

Bail à ferme : fiscalité, impôts et régime social agricole

Le fermier est imposé dans la catégorie des bénéfices agricoles sur les revenus de l’exploitation, tandis que le bailleur est imposé sur les fermages perçus selon les règles des revenus fonciers ou agricoles.

Les locations de terres et bâtiments à destination agricole sont en principe exonérées de TVA, sauf option expresse du contribuable pour la taxation.

Le fermier relève du régime social des exploitants agricoles, avec des obligations en matière de cotisations sociales et de protection sociale.

Contentieux du bail à ferme : nullité, sanctions et tribunaux compétents

Nullité du bail à ferme : causes et délais de prescription

Le bail à ferme peut être annulé en cas d’infraction au contrôle des structures ou de violation des règles de formation du contrat. La prescription de l’action en nullité dépend du point de départ fixé par la loi ou la jurisprudence.

En cas de violation du droit de préemption du fermier, la vente peut être annulée, mais l’action en nullité est soumise à une forclusion dont le point de départ est la connaissance de la date de vente par le fermier.

Sanctions en cas de manquements aux obligations du bail à ferme

Les manquements du fermier à ses obligations peuvent entraîner la résiliation du bail, voire des dommages-intérêts au profit du bailleur.

Quels sont les recours en cas de litige ?

En cas de litige relatif au bail à ferme, les parties peuvent saisir le tribunal paritaire des baux ruraux, compétent pour trancher les différends liés à la formation, l’exécution, la rupture ou le renouvellement du bail. 

Les recours peuvent porter sur la contestation d’un congé, la demande de résiliation pour manquements, la fixation du fermage ou l’indemnisation du fermier sortant.

Le juge doit vérifier la réunion des conditions légales et la conformité des actes aux règles du Code rural.

En cas de nullité du bail, le fermier ne peut prétendre à l’indemnité prévue pour les améliorations apportées au fonds, mais peut solliciter une indemnisation sur le fondement du droit commun.

Évolutions du bail à ferme : enjeux, réformes et bonnes pratiques

Le bail à ferme face aux nouveaux défis agricoles

Le bail à ferme évolue pour répondre aux nouveaux enjeux de l’agriculture, tels que la transition écologique, la diversification des exploitations et la sécurisation des relations contractuelles.

Réformes et jurisprudence récentes sur le bail à ferme

Les réformes du Code rural et de la pêche maritime, ainsi que la jurisprudence, contribuent à préciser les contours du bail à ferme et à renforcer la protection des parties.

Conseils juridiques pour bien rédiger un bail à ferme agricole

Il est recommandé de rédiger le bail à ferme de manière claire et précise, en définissant les droits et obligations des parties, la description du fonds, la durée du bail et les modalités de paiement du fermage.

Les parties doivent veiller à adapter le contrat aux évolutions législatives et réglementaires, afin de garantir sa validité et sa sécurité juridique.

Le bail à ferme constitue un pilier du droit rural français, garantissant la sécurité des relations entre bailleurs et fermiers, tout en favorisant la stabilité et la pérennité de l’activité agricole. Sa définition juridique, ses conditions de validité, ses droits et obligations, ainsi que ses enjeux fiscaux et sociaux, en font un instrument incontournable pour les professionnels du secteur. Maîtriser ses mécanismes, c’est anticiper les risques, optimiser la gestion de l’activité agricole et sécuriser les opérations juridiques et fiscales.

FAQ sur le bail à ferme

Toutes les réponses aux questions que vous vous posez.

Une clause d’indexation du loyer dans un bail à ferme doit utiliser un indice officiel, respecter les limites administratives et les fourchettes préfectorales. Sinon, elle est illicite et le juge peut la régulariser en fixant un loyer conforme.
La sous-location sans accord écrit du propriétaire est interdite, sauf exception très limitée pour un usage temporaire de vacances ou de loisirs, sous réserve d’autorisation. En cas de non-respect, le bail peut être résilié et des sanctions s'appliquent au locataire principal.
La cession du bail à une société d’exploitation agricole nécessite l’agrément du bailleur et le respect des règles sur la structure et la continuité de l’exploitation. Les modalités de cession et de poursuite du bail sont strictement encadrées en particulier lors de la transformation de l’exploitation individuelle en société.
Le fermier peut réaliser des améliorations avec l’accord du bailleur. À la fin du bail, il a droit à une indemnité pour ces travaux, qui ne justifient pas d’augmentation de loyer, sauf exceptions pour certains investissements du propriétaire ou imposés.
Oui, un changement de destination non autorisé, comme le passage d'une activité agricole à non agricole, permet au bailleur de résilier le bail selon l'article L. 411-32 du Code rural, sous conditions d'un document d'urbanisme ou d'une autorisation préfectorale.
 Ce contenu n'a pas été rédigé par la rédaction Lamy Liaisons. Il doit être interprété avec discernement et ne saurait servir de fondement à une décision juridique sans validation préalable par un professionnel qualifié.