Peut-on prévoir des forfaits en jours réduits pour les salariés à temps partiel ?

Écrit par Publié le 04/02/2025 Mis à jour le 04/06/2025

Il est possible de mettre en place un forfait jours réduit pour un salarié à temps partiel, sous réserve de modifier son contrat. Découvrez les conditions, démarches et précautions à respecter.

En résumé
  • Proposer un forfait inférieur au maximum prévu ne confère pas le statut de salarié à temps partiel.
  • La mise en place d’un forfait jours pour un salarié à temps partiel constitue une modification du contrat, nécessitant un avenant écrit et l’accord exprès du salarié.
  • L’avenant doit préciser le changement de régime, la durée du travail (nombre de jours), la période de référence, la mission, l’autonomie, la rémunération, la clause de réversibilité, ainsi que la programmation indicative annuelle.
  • La programmation annuelle doit être annexée à l’avenant, révisable chaque année, et tenir compte des congés payés.
  • Pour les salariés à temps partiel, le nombre de jours doit être calculé en équivalence d’heures.
  • L’avenant doit détailler les conséquences sur la rémunération (complément dégressif, maintien de majoration selon la situation familiale, ajustements en cas d’évolution de la charge de travail).
  • Les salariés en forfait jours réduit doivent bénéficier des mêmes droits en matière d’ancienneté, d’évolution de carrière et de formation.
  • Des formules modulables (90 %, 80 %, 60 %, 50 %) sont possibles, notamment pour raisons familiales, avec des dispositifs de maintien temporaire de la majoration selon l’âge de l’enfant.
  • Il est recommandé de prévoir une clause permettant un retour au forfait jours complet ou au temps plein dans certaines conditions.
  • La mise en œuvre du forfait jours réduit doit impérativement respecter les dispositions de l’accord collectif applicable ainsi que les procédures d’information, de consultation et de prévenance.
Peut-on prévoir des forfaits en jours réduits pour les salariés à temps partiel ?Peut-on prévoir des forfaits en jours réduits pour les salariés à temps partiel ?

Forfait jours réduit et temps partiel : quelles problématiques juridiques ?

Un forfait jours réduit est-il assimilable à un temps partiel ?

Il est possible de recruter un collaborateur en lui proposant ou en acceptant un nombre de jours inférieur au nombre maximal inscrit dans l’accord. C’est possible, mais cela ne fait pas de l’intéressé un salarié à temps partiel (Cass. soc., 9 juill. 2003, no 01-42.451).

Peut-on intégrer un salarié à temps partiel dans un dispositif de forfait jours ?

Plus délicate est la question des salariés qui, au moment de la signature de l’accord collectif relatif aux forfaits annuels en jours, étaient à temps partiel, donc dotés d’un contrat faisant apparaître un nombre d’heures précis et leur répartition à l’intérieur de la semaine ou du mois.

Comment convertir le temps de travail en jours pour les salariés à temps partiel ?

Si, de par le poste qu’ils occupent, les intéressés font objectivement partie du groupe de salariés pour lesquels il a été prévu un décompte en jours du temps de travail, l’employeur n’a, en quelque sorte, pas le choix : il doit proposer cette convention, le mieux étant de reconvertir le nombre d’heures en nombre de jours. Mais il est incontestable qu’il s’agit alors d’une modification du contrat de travail.

Comment mettre en place un forfait jours réduit dans le respect du cadre légal ?

Comment adapter la durée de travail au forfait réduit sans désorganiser le rythme de travail du salarié ?

Il est clair que l’entreprise a intérêt à rendre la convention de forfait annuel en jours attractive.
En particulier, si l’intéressé accepte une reconversion en nombre de jours, il conviendra de s’assurer qu’à ses yeux, sa durée du travail n’est pas bouleversée. Ce sera le cas, par exemple, pour un salarié qui travaillait habituellement 4 jours par semaine (4/5) et qui conclurait un forfait sur la base de 4/5 du forfait annuel (soit, sur la base de 218 jours journée de solidarité incluse, 174,40 jours arrondis à 174 ou 175, au gré des parties). De même, pour un salarié à mi-temps, un forfait sur la moitié du nombre de jours prévu à l’accord devrait convenir.

Peut-on revoir la durée du travail et la rémunération lors du passage au forfait jours réduit ?

La renégociation du contrat peut être l’occasion d’une révision de la durée du travail et donc du salaire correspondant. Il conviendra, nous semble-t-il, d’aborder expressément la question.

Comment intégrer les congés payés dans le calcul du forfait jours réduit ?

Dans la mesure où le nombre de jours retenus n’est pas le maximum fixé par l’accord, il convient de préciser que le nombre de jours prévu par le contrat s’entend compte tenu d’un droit complet à congés payés.

Comment rédiger un avenant pour un forfait jours réduit ?

Pour rédiger un avenant au contrat de travail instaurant un forfait jours réduit, il est essentiel de :

  • Préciser le changement de régime contractuel : Indiquer explicitement le passage du temps partiel ou du forfait jours classique au forfait jours réduit, et abroger les clauses antérieures relatives à la durée du travail.
  • Déterminer le nombre de jours travaillés : Mentionner clairement le nombre de jours travaillés annuellement, en cohérence avec l’ancien temps de travail, et détailler le mode de calcul de la rémunération (proportionnelle au nombre de jours).
  • Formaliser la période de référence : Définir la période de référence pour le forfait, les modalités de renonciation à des jours de repos, ainsi que la procédure de demande (délai, accord de la direction, indemnisation).
  • Décrire la mission et l’autonomie : Préciser la mission du salarié, son autonomie, les modalités de suivi de la charge de travail (entretien annuel), et rappeler le respect des temps de repos légaux.
  • Conséquences sur la rémunération : Indiquer les conséquences sur la rémunération, notamment le complément de rémunération dégressif ou son extinction immédiate selon le cas, et, le cas échéant, la situation familiale du salarié (enfants de moins de 13 ans) et le choix irréversible entre le système progressif d’extinction ou le maintien de la majoration jusqu’aux 16 ans de l’enfant.
  • Annexes et clauses spécifiques : Annexer la programmation indicative des jours travaillés, prévoir une clause de réversibilité, et veiller à l’information claire du salarié sur ses droits et obligations.

Exemple de clause contractuelle pour un forfait jours réduit

« Le salarié opte pour un forfait jours réduit de 166 jours à compter du 1er septembre 2024, avec application du complément de rémunération dégressif selon les modalités prévues par l’accord, ou maintien de la majoration jusqu’aux 16 ans de l’enfant né le 15 mars 2015. Ce choix est irréversible. La programmation annuelle indicative des jours travaillés est annexée au présent avenant. »

Conseils pour la rédaction d'un avenant pour un forfait jours réduit

  • Obtenir l’accord exprès et écrit du salarié.
  • Annexer la programmation annuelle des jours travaillés, révisable chaque année.
  • Prévoir une clause de réversibilité permettant un retour à la situation antérieure dans certains cas.
  • Informer clairement le salarié sur ses droits, obligations et conséquences de son choix.

Avenant pour un forfait jours réduit : points d’attention à ne pas négliger

  • Respecter la procédure d’information et de consultation, ainsi que les délais de réponse et de prévenance.
  • Ajuster la rémunération si la charge de travail évolue.
  • S’assurer de la conformité avec les dispositions de l’accord collectif applicable.
  • Bien informer le salarié des conséquences de son choix, notamment en cas de complément de rémunération lié à la situation familiale.
  • Formaliser le choix du salarié par écrit auprès de la DRH.

Quel est le cadre négocié par les partenaires sociaux pour le forfait jours réduit ?

Les partenaires sociaux ont abordé le forfait jours réduit en posant plusieurs principes et modalités :

  • Égalité de traitement : Garantie d’égalité de traitement avec les cadres à temps complet en matière d’ancienneté, d’évolution de carrière et d’accès à la formation.
  • Formules de forfait jours réduit : Introduction de formules classiques (par exemple, 90 %, 80 %, 60 %, 50 % du forfait annuel) et de formules adaptées aux besoins familiaux (périodes non travaillées pendant les vacances scolaires, etc.).
  • Système progressif d’extinction du complément de rémunération : Pour les cadres concernés, possibilité d’un complément de rémunération dégressif sur plusieurs années selon le pourcentage initial, ou maintien de la majoration jusqu’aux 16 ans de l’enfant pour les cadres ayant des enfants de moins de 13 ans (sous conditions).
  • Protection des situations familiales : Seuls les enfants nés avant la signature de l’avenant sont pris en compte pour le maintien de la majoration.

Exemples concrets de mise en place d’un forfait jours réduit

  • Un cadre peut demander un forfait à 166 jours (80 % du forfait annuel), avec une rémunération lissée sur l’année.
  • Un autre cadre peut opter pour 157 jours pour répondre à des besoins de garde d’enfant, avec maintien du complément de rémunération jusqu’aux 16 ans de l’enfant né avant la signature de l’avenant.
  • Un cadre bénéficiant d’un complément de 6 % pourra choisir entre une extinction progressive sur 7 ans ou le maintien de la majoration jusqu’aux 16 ans de son enfant, à condition de respecter les critères fixés.

Quelles sont les étapes administratives pour passer à un forfait jours réduit ?

  • La demande de passage au forfait jours réduit doit être écrite.
  • La DRH doit répondre sous un mois.
  • Un avenant formalisant la nouvelle organisation doit être signé.
  • La programmation annuelle des jours travaillés doit être annexée et révisable chaque année.
  • Garantir la possibilité de retour à temps complet dans certains cas.

Quels sont les risques et les points de vigilance liés à la rémunération et aux délais ?

  • Respecter les délais de réponse et de prévenance.
  • Veiller à la proportionnalité de la charge de travail et de la rémunération.
  • S’assurer que seuls les enfants nés avant la signature de l’avenant sont pris en compte pour le maintien de la majoration.
  • Bien informer les salariés des conséquences de leur choix et formaliser ce choix par écrit auprès de la DRH.
  • Respecter les dispositions de l’accord collectif applicable.

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